Le Dauphiné

La chartreuse

La formule d’un « élixir de longue durée » aurait été confiée, en 1605, par un proche d’Henri IV, le maréchal d’Estrées, aux chartreux de Vauvert, près de Paris. Un siècle plus tard, la formule est envoyée à la maison mère, La Grande Chartreuse de Voiron, en Isère. Mélange de liqueurs naturelles obtenues par macération de cent trente plantes dans un alcool sélectionnée, l’élixir, qui titre 70 % en volume d’alcool, est surtout voué à un usage médical. Par la suite, il s’est décliné en chartreuse verte et chartreuse jaune et destiné à la consommation d’agrément. Et si la liqueur connaît aujourd’hui une diffusion internationale, les procédés de sa fabrication continuent, eux, d’être jalousement gardés secrets pat les moines chartreux !

La noix de Grenoble (AOC)

Les grandes amplitudes thermiques et la faible pluviosité de la vallée en été confèrent de hautes qualités gustatives à la noix de Grenoble, qui peut être consommée sous forme de dessert, de boisson ou d’huile. Déjà présentes sur le site néolithique de Charavines, où ont été mis à jour des débris de ces fruits, les noix de la vallée de l’Isère sont mentionnées dans des archives dauphinoises dès le XIe siècle. Mais c’est à la fin du XIXe siècle, à la disparition des mûriers et des vignes, que leur culture prend toute son ampleur et qu’elles acquièrent la réputation dont elles jouissent de nos jours; le chemin de fer leur ouvre même la voie, alors , vers l’Angleterre et les Amériques.

Les ravioles du Dauphiné

Ces petits carrés de pâte de blé tendre et d’œufs frais fourrés aux fromages – frais et à pâte pressée cuite- et au persil, ou même à la pomme de terre, ne seraient apparus dans la région Rhône-Alpes que vers le XVe siècle, alors que l’existence des raviolis en Italie est attestée depuis trois siècles. À cette époque, la cuisine italienne commence à passer les frontières vers la Provence et la Savoie. Mais, c’est à Romans, dans la Drôme, qu’elles trouvent leur terrain d’élection. Jusqu’en 1935, époque à laquelle apparaît la première machine à fabriquer les ravioles, elles y sont confectionnées manuellement par des ravioleuses, qui louent leur service à la journée à l’occasion des fêtes.